EGLISE LUTHERIENNE DE SURESNES

Une promenade d'été parmi les couleurs (1)

Un site internet, c’est en particulier des couleurs ! Vous qui consultez de temps à autre le site de la paroisse luthérienne de la réconciliation, avez-vous remarqué celles qui ont été choisies pour la page d’accueil, et les autres pages ? Vous pensez qu’elles ont été choisies pour réaliser des écrans agréables à voir. Oui, mais il n’y a pas que cela, et, si vous le permettez, je vais vous emmener vous promener, en ce temps de vacances, parmi les couleurs, de leurs perceptions et aussi de leurs significations.

Champaigne - le dernier repas du Christ
Champaigne, 17ème - le dernier repas du Christ


Les couleurs, une perception culturelle

Les couleurs ne nous laissent jamais indifférents : le bleu, le vert sont reposants, le rouge est vif, le noir triste… en général. On y voit le reflet du ciel bleu, de la végétation qui croît, du sang source de vie, de la nuit où l’homme ne voit plus. Chacun aura ses goûts en matière de couleurs, qu’il choisira pour décorer son intérieur. Dans la liturgie chrétienne aussi, depuis longtemps, des couleurs particulières sont associées à certains temps de l’Eglise. Ces couleurs trouvent leur origine dans la Bible, le judaïsme, mais aussi dans les usages de la cour de l’empereur de Rome puis de Byzance : ce sont le blanc et le doré, le violet et le pourpre, le rouge, le vert et le noir.

Naturellement, le rouge évoque la passion, le sang, le danger ; le bleu, le ciel, la mer et le calme. Mais pourtant ces significations peuvent dépendre du contexte : le jaune doré des blés est positif, mais le même jaune associé au noir sera un signal de danger, il évoque une guêpe ou un frelon. Chacun d’entre nous aussi aura ses propres goûts. Mais, surtout, chaque culture associera un sens particulier à chaque couleur : une telle qui aura une signification positive dans une certaine culture peut, dans une autre, avoir un sens négatif. La couleur de deuil, par exemple, est très variable.

Certaines couleurs, de par leur place dans la nature, ont une signification plutôt univoque : le bleu, le vert sont généralement perçus comme positifs. D’autre auront des signification plus ambivalentes, comme le jaune : le jaune pâle signifie trahison et déception dans l’Islam, le jaune doré sagesse.

Les couleurs, tel que nous l’apprenons à l’école, sont au nombre de sept : blanc, bleu, vert, jaune, rouge, violet, noir. Ce nombre traditionnel apparaît donc arbitraire, lié à notre culture, comme il y a sept notes musicales, sept planètes, sept jours de la semaine. Ainsi, certaines tribus maori de Nouvelle-Zélande distinguent une centaine de rouges, les Esquimaux sept types de blancs ! Les amérindiens, comme les celtes, n’ont par contre qu’un seul mot pour désigner le vert et le bleu, qui donc pour eux est une seule et même couleur.

Plus curieusement, les Grecs de l’Antiquité voyaient semble-t-il la nature d’une autre façon que nous, car il faut admettre que leur œil était aveugle pour le bleu et le vert. Homère, par exemple, voyait l’océan noir !

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